1983. Michael Jackson a l’album dont tout le monde parle et une idée complètement folle pour le clip Thriller : un vrai petit film d’horreur. Problème : personne ne veut payer. L’histoire de Thriller, c’est aussi celle d’une solution de financement trouvée au dernier moment, et devenue un succès à part entière.
1983 : l’album est déjà partout
Quand on parle de Thriller aujourd’hui, on pense d’abord au clip. Mais en 1983, l’album cartonne déjà sans lui. Billie Jean et Beat It tournent en boucle, Michael Jackson enchaîne les records et le disque s’installe en haut des classements.
Pour le titre Thriller, Michael veut aller plus loin qu’un simple clip promo. Il veut faire peur. Pour de vrai.
« Le Loup-garou de Londres » : le déclic
Michael Jackson a vu Le Loup-garou de Londres, le film de John Landis sorti en 1981. Il a adoré la transformation du héros en loup-garou, devenue culte grâce aux effets spéciaux de maquillage.

L’affiche française du Loup-garou de Londres (1981), le film de John Landis qui a tout déclenché.
Alors il décroche son téléphone et appelle le réalisateur. Il lui demande de transformer, lui aussi, Michael Jackson en monstre.
John Landis accepte, mais il pose ses conditions : pas un clip, un vrai court-métrage. Avec une histoire, des dialogues, des maquillages de cinéma et une chorégraphie de morts-vivants.
Un demi-million de dollars pour un clip ?
Sur le papier, le projet fait rêver. Dans les bureaux, beaucoup moins. Selon John Landis, il faut compter près d’un demi-million de dollars : une somme énorme pour un clip à l’époque.
La maison de disques CBS refuse de payer. Pour elle, l’album se vend déjà très bien et un clip aussi cher n’a aucun sens.
Michael Jackson propose alors de financer le clip avec son propre argent. Et là, surprise : John Landis refuse. Il ne veut pas que Michael paie de sa poche.
L’idée de génie : filmer les coulisses
Il faut donc trouver l’argent ailleurs. C’est là qu’arrive l’idée qui va tout débloquer : filmer aussi le making-of.
Le calcul est simple. Le court-métrage et ses coulisses mis bout à bout, cela fait environ une heure de programme. Et une heure de programme, une chaîne de télé peut l’acheter.
On ne finance plus un clip, on vend un programme.
Les chaînes disent non… puis oui
Encore faut-il trouver un acheteur. Les chaînes refusent les unes après les autres. Même MTV, qui deviendra pourtant la maison de Thriller, commence par dire non.
Finalement, la chaîne câblée Showtime accepte de financer une partie du projet. Et MTV, qui ne veut plus passer à côté, revient dans la course avec de l’argent sur la table.
Le tournage peut enfin commencer.

Michael Jackson et Ola Ray sur le tournage de Thriller, enfin financé grâce à Showtime et MTV.
La chute : le making-of devient un phénomène
Le clip sort fin 1983 et devient immédiatement un événement télé. Mais le plus fou, c’est le destin du making-of.

Michael Jackson’s Thriller : pas un clip, un vrai court-métrage d’horreur.
Making Michael Jackson’s Thriller sort en cassette vidéo et devient un énorme succès de vente. Des familles entières l’achètent pour revoir la choré des zombies à la maison.
Le making-of n’était pas un bonus : il avait été pensé dès le départ pour payer le clip. Sans lui, Thriller n’aurait peut-être jamais existé sous cette forme.
En 2009, le clip entre au National Film Registry, le registre américain des films à préserver. C’est le premier clip musical à y être inscrit.
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